Hadramout et Al-Mahrah, « ligne rouge » saoudienne : accès à la mer d’Arabie et pipeline pétrolier au cœur de la colère de Riyad

  • 2026-01-11 09:09:18

Hadramout — Des sources politiques et régionales indiquent que Hadramout et Al‑Mahrah constituent une « ligne rouge » dans le calcul stratégique de l’Arabie saoudite, dans un contexte d’ambitions anciennes et renouvelées visant à obtenir un accès direct à la mer d’Arabie et à étendre un pipeline pétrolier vers des ports des deux gouvernorats, en particulier le port de Nishtun.

Selon ces sources, ces ambitions représentent un facteur central de la colère saoudienne à l’égard du Conseil de transition du Sud, à la suite du renforcement de son contrôle et de son influence sur le terrain à Hadramout et à Al-Mahrah, ainsi que de son refus d’arrangements imposés sans consentement local et portant atteinte à la souveraineté sur les terres, les ressources et les littoraux.

Pipeline pétrolier et débouché sur la mer d’Arabie

Le projet de pipeline, précisent les sources, n’est pas envisagé comme une simple option économique, mais comme un pilier d’une vision stratégique de long terme visant à :

• sécuriser une voie d’exportation contournant les goulets d’étranglement traditionnels ;

• instaurer un levier politique et sécuritaire durable le long du littoral oriental du Yémen ;

• garantir un accès permanent à la mer d’Arabie via les ports d’Al-Mahrah et d’Hadramout.

Dans ce cadre, Hadramout est perçue comme déterminante en raison de son étendue géographique, de son long littoral et de son poids économique, éléments jugés essentiels pour protéger le tracé du pipeline et les infrastructures énergétiques associées.

Escalade militaire et frappes aériennes

Dans le même temps, les sources lient l’escalade militaire récente, y compris les frappes aériennes saoudiennes d’une grande intensité visant des forces du Conseil de transition du Sud à Hadramout et à Al-Mahrah, à des tentatives de freiner l’expansion de cette influence et de réimposer des équilibres de terrain conformes à ces objectifs stratégiques.

Les frappes ont également touché le gouvernorat d’Al‑Dhalea, à proximité d’Aden, où des sources locales font état de victimes civiles, suscitant critiques et interrogations quant au coût humain et aux répercussions sur la stabilité.

Dimensions politiques et inquiétudes locales

Des sources locales et tribales avertissent que la poursuite de projets stratégiques sans consensus national yéménite pourrait :

 • accentuer les tensions sociales et tribales à l’est et au sud ;

 • transformer le conflit en lutte ouverte autour de la souveraineté et des ressources ;

• compliquer les perspectives de stabilité dans l’une des régions les plus sensibles du pays sur le plan géographique.

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