Les jeunes Français lancent des « grèves scolaires » pour l’environnement
2019-02-09 23:51:21
Les étudiants parisiens mèneront des actions de désobéissance civile chaque vendredi à partir du 15 février. Ailleurs en France, un mouvement plus large se structure.
Ils ont décidé de sauver leur futur, celui qui « se dérobe sous [leurs] yeux ». Vendredi 8 février au soir, une clameur émane d’un amphithéâtre plein à craquer sur le campus de Jussieu à Paris. Plus de 300 jeunes, en majorité des étudiants de la capitale, viennent de voter, en assemblée générale, le lancement d’un mouvement de « grèves scolaires » pour l’environnement en France.
Ils rallient ainsi la mobilisation des étudiants et des lycéens qui essaime depuis plusieurs mois partout dans le monde (Australie, Etats-Unis, Canada, Belgique, Pays-Bas, Allemagne ou encore Suisse) pour tenter de répondre à l’urgence climatique.
Tous les vendredis (à l’exception des Belges qui ont choisi le jeudi), à l’appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg, ces jeunes militants sèchent les cours et descendent dans la rue pour demander aux gouvernements des actions immédiates afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre.
« Le changement doit être politique »Les étudiants parisiens, eux, ont choisi de défendre l’environnement au sens large, essentiellement sous la forme d’actions de désobéissance civile qui seront menées chaque semaine à partir du 15 février. Un « vendredi vert » avant un « samedi jaune », lors duquel ils soutiendront les gilets du même nom dans leurs manifestations.
Lire le reportage : Face à l’urgence climatique, les militants se tournent vers la désobéissance civile« Il n’y a pas que le réchauffement climatique qui nous désespère, mais également la destruction de la biodiversité, la pollution ou encore les inégalités sociales », explique Lena Lazare, étudiante en licence de physique à Sorbonne Université. La jeune femme fait partie d’un « collectif interfacs », Désobéissance écolo Paris, qui cherche à « lancer un mouvement plus radical » :
« Les marches pour le climat ne suffisent pas. On veut réaliser des actions plus efficaces, comme des blocages, et attaquer les vrais responsables, notamment les multinationales. »
Elle en est convaincue : « Il faut arrêter de faire porter la responsabilité aux gens, alors que le problème, c’est le système. » « Le capitalisme vert, ça n’existe pas, abonde Charles, en licence de droit à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, qui considère que le changement doit être politique. »
AFP.