La contestation de la réforme de la nationalité s’intensifie en Inde
2019-12-16 07:18:49
Parti du Nord-Est, le mouvement a gagné dimanche New Delhi, où les forces de l’ordre ont pris d’assaut une université.
La contestation contre la réforme de la nationalité a pris un tour nouveau, dimanche 15 décembre, en Inde. La police a pris d’assaut l’université musulmane Jamia Millia, puis elle a tiré des bombes lacrymogènes à l’intérieur de la bibliothèque, et frappé violemment à coup de matraque les étudiants qui tentaient en vain de se protéger en se cachant sous les meubles et dans les toilettes. La plupart d’entre eux sont sortis en file, mains au-dessus de la tête, en signe de reddition. « Nous avons été traités comme des criminels », ont-ils dénoncé. Une soixantaine d’étudiants ont été blessés.
Des centaines de personnes avaient auparavant manifesté dans le sud de New Delhi pour protester contre la loi qui régularise des réfugiés venus d’Afghanistan, du Pakistan et du Bangladesh et leur accorde la nationalité sur des critères religieux, à l’exception des musulmans. Ces derniers, qui représentent 14 % de la population – un peu moins de 200 millions de personnes –, sont la cible régulière du gouvernement depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014. Les nationalistes hindous veulent en faire des citoyens de seconde zone, privés de droits.
Les heurts ont éclaté à New Friends Colony, un quartier résidentiel, situé non loin de l’université Jamia Millia. Six bus publics et des dizaines de voitures stationnées dans la rue ont été incendiés, dégageant d’immenses colonnes de fumées noires dans le centre de la capitale. La circulation a été coupée sur plusieurs axes.
Les étudiants de la Jamia, qui sont mobilisés depuis plusieurs jours contre la réforme, se défendent de toute violence. Ils expliquent qu’ils se sont réunis dimanche autour de l’université pour une marche et ont été rejoints par d’autres manifestants qui auraient incendié des véhicules et qui se seraient opposés à la police à coup de jets de pierres. « Nous avons maintes et maintes fois affirmé que nos protestations sont pacifiques et non-violentes, ont déclaré les étudiants dans un communiqué. Nous restons fidèles à cette approche et condamnons toute violence. »