Le Yémen sous tension : le retrait d’Al-Zubaidi de Riyad, le mystère entourant la délégation du STC et son départ du pays

  • 2026-01-08 06:44:54

Aden --Au plus fort d’une escalade politique et militaire rapide, de vives interrogations ont émergé au Yémen concernant les raisons pour lesquelles Aidarous Al‑Zubaidi, président du Conseil de transition du Sud (STC), s’est retiré à la dernière minute de son voyage prévu à Riyad, ce qui est arrivé à la délégation du STC déjà arrivée dans la capitale saoudienne pour des consultations préliminaires parrainées par le Royaume sur un dialogue intra-sudiste, et — par la suite — pourquoi Al‑Zubaidi a quitté le territoire yéménite dans des circonstances opaques.

Que s’est-il passé ?

Al‑Zubaidi devait se rendre personnellement à Riyad à la tête d’une délégation du STC pour participer à la conférence de dialogue sudiste attendue. Selon des sources de la coalition, il a été officiellement informé le 4 janvier qu’il devait arriver dans le Royaume dans les 48 heures pour rencontrer Rashad Al‑Alimi et la direction de la coalition afin de discuter des raisons de la dernière escalade, y compris des développements à Hadramout et Al‑Mahra.

Al‑Zubaidi avait initialement accepté, informant Riyad le 6 janvier de son intention d’y assister. En conséquence, une délégation de haut niveau du STC s’est rendue à l’aéroport international d’Aden ce soir-là pour partir vers Riyad à bord d’un vol Yemenia Airways. Le départ de l’avion a été retardé de plus de trois heures afin de permettre à Al‑Zubaidi de se joindre au groupe.

Cependant, au moment décisif, la situation a pris un tournant dramatique. Selon le récit de la coalition, Al‑Zubaidi n’est jamais monté à bord de l’avion et a quitté l’aéroport brusquement à la dernière minute.

Le matin du 7 janvier, le porte-parole de la coalition a annoncé qu’Al‑Zubaidi était « parti vers un lieu inconnu » au lieu de se rendre à Riyad, qualifiant cela de violation des engagements. Peu après, le Conseil de direction présidentielle a convoqué une réunion d’urgence présidée par Al‑Alimi, qui a abouti à la destitution d’Al‑Zubaidi de son poste de membre et à son renvoi devant la justice pour haute trahison.
Cette escalade a mis en évidence la profondeur de la fracture entre Al‑Zubaidi et le gouvernement reconnu internationalement, d’autant plus que le STC avait auparavant été un partenaire nominal du pouvoir en vertu de l’Accord de Riyad.

Réponse du STC

Le STC a tenté de contrer le récit de la « fuite ». Lors d’un point de presse vidéo, Amr Al‑Beidh, représentant spécial du président du STC pour les affaires étrangères, a déclaré qu’Al‑Zubaidi se trouvait à Aden pour superviser les affaires sécuritaires et militaires, soulignant que la décision de ne pas voyager était un choix politique calculé plutôt qu’un retrait du dialogue.

Al‑Beidh a affirmé que le STC avait déjà dépêché une délégation « pleinement autorisée », mais que l’atmosphère précédant l’invitation n’était pas propice à un véritable dialogue. Les messages reçus par le conseil ont été interprétés comme coercitifs — équivalant à « soit vous venez et vous vous conformez, soit vous faites face à l’escalade » — une formulation qui, selon lui, ne crée pas un environnement de négociation équilibré.

Mystère autour de la délégation

Concernant la délégation, Al‑Beidh a confirmé que ses membres étaient arrivés à Riyad à l’aube, après quoi toute communication avec eux a été brusquement interrompue. La délégation compterait plus de 50 membres, dont des ministres et des hauts responsables. Cette coupure, selon le STC, a renforcé les doutes sur le sérieux de l’invitation au dialogue, surtout en l’absence de canal direct pour vérifier les développements sur le terrain.

L’ambiguïté s’est accentuée avec la diffusion d’un seul message sur les réseaux sociaux attribué à Mohammed Al‑Ghaithi, membre de la présidence du STC, affirmant que la délégation était arrivée et avait entamé des réunions préparatoires dans une atmosphère positive. Le STC a déclaré qu’il n’avait pas pu vérifier ce message en raison de la perte de contact avec son auteur présumé.

Al‑Beidh a également cité des témoignages de passagers du même vol indiquant que la délégation avait été transférée de l’avion à un bus et conduite vers une destination inconnue, sans confirmation que leurs téléphones aient été confisqués. Les proches d’un membre de la délégation ont déclaré avoir perdu tout contact immédiatement après son arrivée à Riyad, après un bref message envoyé à l’atterrissage.

Al‑Zubaidi quitte le Yémen

Dans un développement ultérieur, le STC a annoncé qu’Al‑Zubaidi avait quitté le territoire yéménite après plusieurs jours de tensions politiques et sécuritaires accrues. Selon plusieurs sources, son départ n’a pas été annoncé publiquement à l’avance et s’est déroulé dans le cadre de dispositions sécuritaires spéciales, incluant des changements d’itinéraire et un départ d’Aden en dehors des circuits habituels, avant de quitter l’espace aérien yéménite vers une destination non divulguée.

Les sources ont indiqué que la décision était motivée par de sérieuses préoccupations sécuritaires, l’incertitude persistante quant au sort de la délégation du STC à Riyad, et des informations sur des pressions sans précédent exercées sur les dirigeants du Sud. Le STC a souligné que le départ d’Al‑Zubaidi ne signifiait pas un retrait de la vie politique et qu’il continuerait à diriger et à suivre les développements « depuis un lieu sûr ».
Accusations plus larges

Par ailleurs, certaines sources ont affirmé qu’il y avait eu des intentions d’arrêter Al‑Zubaidi à Riyad, un facteur qui aurait directement influencé sa décision de dernière minute de ne pas voyager.

Les mêmes sources ont soutenu que la gestion actuelle du paysage politique et sécuritaire du Yémen est devenue une décision purement saoudienne mise en œuvre par des mains yéménites, érodant considérablement la souveraineté nationale.

Plusieurs sources politiques yéménites sont allées plus loin, assimilant la situation actuelle à une occupation saoudienne à part entière du Yémen, citant le contrôle de la prise de décision politique, des arrangements sécuritaires et des déplacements des dirigeants yéménites — avertissant que cette trajectoire risque d’approfondir la crise et de compromettre les perspectives d’un règlement politique global.

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