Une organisation de défense des droits humains accuse des forces liées au gouvernement de transition syrien de crimes de guerre à Alep

  • 2026-01-13 11:31:12

Alep – Le Centre Justice pour les droits humains a accusé des éléments armés affiliés au gouvernement de transition syrien d’avoir commis de graves violations pouvant constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans les quartiers à majorité kurde de Cheikh Maqsoud et Achrafieh, dans la ville d’Alep.

Dans un communiqué, le centre affirme que depuis la prise de contrôle de ces quartiers — avec une coopération turque présumée et une complaisance internationale — ces forces ont perpétré des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire. Les faits rapportés incluent des exécutions sommaires, la mutilation de corps, des violences contre des détenus, ainsi que l’imposition de restrictions sévères à la couverture médiatique indépendante, allant jusqu’à l’arrestation de journalistes.

Le communiqué évoque plusieurs vidéos documentant des pratiques violentes et dégradantes, notamment le fait de jeter une combattante des forces de l’Asayish du haut d’un immeuble au milieu de slogans et d’insultes, l’humiliation verbale de détenus contraints d’imiter des cris d’animaux, des agressions physiques et verbales assimilant les détenus à du bétail, ainsi que l’usage d’injures racistes et dégradantes contre des civils. Une autre vidéo montrerait un soldat en tenue de combat traînant un corps dans l’escalier d’un immeuble à Cheikh Maqsoud, identifié ultérieurement par l’Asayish comme l’un de leurs combattants.

Selon le centre, ces actes ont provoqué une fracture sociale profonde entre Arabes et Kurdes, d’une ampleur sans précédent, dépassant même les pires périodes d’hostilité sous l’ancien régime. Le communiqué fait également état de déplacements forcés, d’arrestations arbitraires visant au moins 300 civils du quartier de Cheikh Maqsoud dans des conditions particulièrement dures et humiliantes, de dizaines de cas de disparitions forcées, ainsi que d’attaques contre des biens civils et des installations médicales.

Le Centre Justice pour les droits humains a fermement condamné ces violations, mettant en garde contre les dangers de leur poursuite, ainsi que des pratiques racistes et attentatoires à la dignité humaine, qui alimentent la haine et menacent gravement la paix civile, la cohésion sociale et l’avenir du vivre-ensemble en Syrie, notamment entre Arabes et Kurdes. Il a appelé à l’ouverture immédiate d’une enquête internationale indépendante et transparente afin d’établir la vérité et de traduire en justice tous les responsables, sans exception.

L’organisation a également exigé le retour sûr des personnes déplacées de force, la libération des détenus, la clarification du sort des personnes disparues, la protection des personnes détenues, le respect de la dignité humaine et la cessation de toutes les formes de torture et d’humiliation. Le communiqué conclut en appelant à privilégier le dialogue pacifique et à rejeter l’usage de la force, avertissant que la poursuite de l’escalade pourrait déstabiliser l’ensemble de la Syrie.

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